mercredi 2 avril 2014

Question du siècle: la réponse de vos candidatEs

Le 20 mars dernier, nous avons demandé à toutEs les candidatEs de Laurier-Dorion de répondre à une question difficile, la question du 21e siècle à notre avis:

Avec l'ensemble de votre programme (en matière d'énergie, de transport, d'économie, d'agriculture, de services sociaux, etc.), où croyez-vous vous situer par rapport à cette cible [de réduction des émissions de gaz à effet de serre] de 10% annuellement et qu'y a-t-il dans votre programme qui puisse préparer le Québec à la probabilité d'un échec à l'échelle internationale et de l'avènement probable des crises humanitaires mentionnées? (cliquez ici pour voir la question complète).

Voici donc les réponses obtenues, selon l'ordre de réception:

Valérie Assouline, de la Coalition avenir Québec
Miguel Tremblay, d'Option nationale
Andrés Fontecilla, de Québec solidaire
Gerry Sklavounos, du Parti Libéral du Québec (ajoutée le 3 avril)

Nous remercions ces candidatEs qui ont accepté de nous répondre et qui s'engagent pour Villeray, Parc-Extention et le Québec.  Nous mettrons à jour ce billet si d'autres réponses nous parviennent d'ici le 7 avril.

Bonnes élections!


Réponse de Valérie Assouline, de la Coalition avenir Québec


Un gouvernement de la Coalition Avenir Québec aura à cœur le respect de l’environnement. Dans une économie comme la nôtre, la croissance économique à long terme et l’épanouissement de notre société sont tout simplement indissociables de la protection de notre environnement, de l’adoption de comportements responsables en matière de consommation d’énergie et d’exploitation de nos ressources naturelles, et d’adhésion aux principes du développement durable.

Voilà pourquoi un gouvernement de la Coalition Avenir Québec liera étroitement les questions économiques et de développement durable et s’assurera que l’exploitation de nos richesses naturelles se fasse au profit des Québécois et dans le respect de l’environnement.

La Coalition a élaboré un plan global et crédible, tourné vers l’économie du XXIe siècle et respectueux des enjeux environnementaux. Le projet Saint-Laurent valorise l’innovation, l’investissement dans les secteurs de pointe, la création d’emplois, et cela, tout en créant des milieux de vie de qualité.

Le Projet Saint-Laurent propose un plan d’avenir, un véritable projet de société pour le Québec. C’est une vision dans laquelle le paysage québécois, plus particulièrement la vallée du Saint-Laurent, sera mis en valeur par la création et le développement de 20 zones d’innovation. Ces zones, sources de création de richesse, seront des lieux où le savoir et l’entrepreneuriat se côtoieront en profitant d’une grande proximité, des lieux de qualité où les citoyens qui les habiteront pourront vivre, apprendre, innover et se divertir. Ces zones d’innovation, lieux modernes, prospères et diversifiés, installées sur les rives de la vallée du Saint-Laurent, deviendront autant de pôles de création de richesse, et ce, dans le respect le plus strict des principes de développement durable. La Coalition Avenir Québec propose, avec le projet Saint-Laurent, un plan d’action concret pour la remise en valeur des friches industrielles contaminées dans les zones d’innovation.

Les préoccupations à l’égard du Saint-Laurent ne datent pas d’aujourd’hui. Le système hydrographique du Saint-Laurent, incluant les Grands Lacs, représente un cinquième des réserves mondiales d’eau douce. Les problèmes liés à l’assainissement des eaux usées municipales, des débordements et de la  présence de contaminants émergents dans le fleuve Saint-Laurent sont bien réels. La Coalition Avenir Québec considère qu’il est important de s’attaquer à la dépollution du fleuve.


Réponse de Miguel Tremblay, d'Option nationale


Option nationale croit que les partis politiques qui adoptent comme cible un pourcentage de réduction d'ici 2020 des gaz à effet de serre (GES) par rapport à 1990 voient à trop court terme. Rappelons que le PLQ a prévu 20%, le PQ et la CAQ 25%, et QS 40% de réduction d'émission de GES dans les six prochaines années pour le Québec.

Or, pour limiter l'augmentation de la température planétaire à 2°C, les pays industrialisés doivent réduire leurs émissions de GES de 50% à 85% d'ici 2050 (rapport du GIEC 2013). Ce qu'il faut retenir de ce message des scientifiques, ce n'est pas tant les chiffres mais l'idée qu'un changement titanesque doit être fait par les pays industrialisés, incluant le Québec, pour atteindre cet objectif.

Plutôt que de viser un pourcentage de réduction à court terme qui demanderait des changements plus ou moins réalistes, le Québec doit adopter une approche à long terme en mettant l'emphase sur l'objectif final : modifier de façon durable la société québécoise. C'est pour cette raison qu'Option nationale prône l'adoption de politiques structurantes pour réduire les émissions de GES et utilisera les réductions d'ici 2020 comme une mesure du progrès accompli vers l'objectif de 2050, et non comme le signe d'un échec ou d'une réussite.

Pour réaliser cela, Option nationale propose dans un premier temps de s'attaquer au secteur des transports. Des mesures d'écofiscalité telles que le bonus-malus lors d'achat de véhicules neufs doivent être déployées. À somme nulle, l'argent supplémentaire chargé aux acheteurs de véhicules énergivores est transformé en subvention pour l'acheteur d'un véhicule plus économique. L'électrification des transports, notamment par le transport en commun et le développement d'un monorail, est également un incontournable.

Dans un deuxième temps, un meilleur aménagement du territoire est un objectif à long terme que le Québec doit prendre en considération. L'étalement urbain entraîne un coût énergétique et environnemental qu'il est possible de réduire dans les prochaines décennies. Comme les objectifs de réduction de GES se déploient également sur cet horizon, le Québec doit impérativement revoir son plan de développement urbain et son régime de taxe foncière pour diminuer les distances parcourues pour le transport des personnes et des marchandises. Les citoyens verront également leur qualité de vie augmentée par cette mesure.

Globalement, le Québec doit être cohérent et refuser d'adopter des lois ou des politiques qui favorisent indûment l'augmentation d'émission des GES. Nous pensons ici particulièrement à l'exploitation du pétrole non conventionnel, que ce soit sur son territoire à Anticosti, ou encore à l'extérieur par l'accord donné au passage de pipelines sur son territoire.

Finalement, rappelons que seul le pays du Québec peut réduire de façon durable ses émissions de GES et participer à l'élaboration d'une solution sur la scène internationale. La sortie du Canada du protocole de Kyoto et l'impuissance du Québec dans le dossier des pipelines sur son territoire en sont de douloureux rappels.


Réponse d'Andrés Fontecilla, de Québec solidaire


« Québec solidaire est le
seul parti à prendre les
changements climatiques
au sérieux. Dans ce plan,
nous mettons cartes sur
table quant à la direction qu’il
faut prendre pour sortir de
la périlleuse situation dans
laquelle nous nous trouvons.
C’est une proposition
ambitieuse, mais nous
croyons le peuple du Québec
prêt à relever le défi. 
» - Extrait de notre Plan de sortie du pétrole (2015-2030)

À Québec solidaire, nous croyons qu'il est impératif de prendre dès maintenant des mesures radicales afin de lutter contre les changements climatiques et des conséquences de ceux-ci. Nous reconnaissons que les gouvernements auraient dû s'engager bien avant dans une voie en ce sens. De plus, le souci de la redistribution de la richesse et de la réduction des inégalités sociales anime nos propositions. En effet, mettre un frein à l'avidité des puissants, on contribue également à freiner l'exploitation de nos richesses naturelles et la surconsommation. L'objectif de Québec solidaire est de réduire de 40 % les émissions de GES par rapport à leur niveau de 1990 entre 2014 et 2020. Céline Bonnier, au rassemblement, disait que nous ne changerions peut-être pas le monde à nous seuls, mais que « nous avions un rôle à jouer, alors peut-on le jouer ? ». Nous réclamons de jouer ce rôle et c'est pourquoi nous proposons un plan, ambitieux, certes, mais réaliste, si on fait preuve de volonté politique.

Notre Plan de sortie du pétrole (2015-2030) permet au Québec de s'orienter résolument vers la sortie du pétrole, une urgence à notre avis. Parce que les transports collectifs électrifiés font partie de la solution, une grande partie de notre plan sur les cinq premières années sera la mise en place de réseaux fiables, agréables et bien répartis en fonction des besoins des gens dans les principales agglomérations du Québec. En effet, de nombreuses personnes souhaitent délaisser les véhicules polluants, mais n'ont pas accès à des structures et des options rendant l'alternative viable. C'est au gouvernement de créer les structures nécessaires pour rendre ce choix possible. Des réseaux de transports interurbains seront également développés. De plus, nous prévoyons créer un parc de véhicules pour l'auto-partage et la transition vers un parc d'automobiles électriques lorsque la voiture est nécessaire. Tous ces développements permettront du même coup la création de dizaines de milliers d'emplois. Nous mettrons également en place des structures favorisant le transport actif partout où ce sera possible.

Nous prévoyons cesser la construction de barrages hydro-électriques inutiles, tout en assurant un vaste chantier de rénovation éco-énergétiques qui permettra à des PME locales de donner de l'emploi à plus de 5000 personnes, par exemple.

Dans le volet de l'agriculture, nous prévoyons développer une agriculture de proximité, encourager qui saura préserver autant les liens sociaux que l'intégrité du territoire, tout en évitant les longs trajets polluants et la dépendance au commerce international dans le cadre des accords de libre-échange.

Du côté des mesures sociales, nous encouragerons la petite économie, tant par l'instauration du revenu minimum garanti (12 600$ par personne par année, sans condition, visant à remplacer l'aide sociale) afin de permettre à toutes et tous une vie décente, tout en réinjectant de l'argent dans l'économie locale.

Vous pouvez prendre connaissance de la totalité de nos positions sur cette question en consultant notre Plan de sortie du pétrole et notre plateforme. De plus, nous étofferons encore davantage nos positions sur les questions agricoles et sur les échanges internationaux dans un prochain congrès du parti.

Réponse de Gerry Sklavounos, du Parti Libéral du Québec

(ajoutée le 3 avril)

En cette 30e journée de la campagne électorale, les candidats du Parti libéral du Québec, Gerry Sklavounos (Laurier-Dorion), David Heurtel (Viau) et Marie Montpetit (Crémazie) ont annoncé des engagements en matière d’environnement qui permettront au Québec de reprendre son rôle de leader nord-américain  de la lutte contre les changements climatiques et les émissions de GES.
Plus qu’un défi à relever, la lutte aux changements climatiques nous offre la possibilité exceptionnelle d’orienter notre économie vers l’énergie et les technologies propres. Le bilan du gouvernement libéral en matière de lutte aux changements climatiques est celui d’un leader en Amérique du Nord et témoigne de l’attachement de notre parti à l’équité intergénérationnelle. Plus qu’une question d’équité entre les générations, la qualité de l’environnement est de plus en plus reconnue comme un aspect fondamental du bien-être et de la santé des Québécois. Les mesures novatrices et les alliances tissées avec d’autres gouvernements nous ont permis d’entamer ce virage vert plus rapidement que nos partenaires commerciaux. Le Québec doit reprendre son rôle de leader abandonné par le gouvernement du Parti québécois.

Redonner au Québec un plan sérieux de lutte contre les changements climatiques


Alimenté par le Fonds Vert, le Plan d’action changements climatiques est la pièce maitresse de l’approche stratégique en matière de changements climatiques. Pour l’instant le seul plan d’action changements climatiques en vigueur est celui adopté par le gouvernement libéral en 2012. Le gouvernement du Parti québécois a pigé 711,6 millions $ du Fonds vert pour financer des promesses sans dire aux Québécois quels programmes du plan d’action changements climatiques présenté en 2012 seront annulés. Même les membres du comité aviseur n’ont pas été informés des modifications au plan d’action adoptés dans un décret entièrement confidentiel, en catimini avant les élections.

Un gouvernement du PLQ s’engage à convoquer, dans les 100 premiers jours de son mandat, le comité aviseur en changements climatiques afin de faire état des sommes engagées par le gouvernement péquiste et élaborer un plan d’action afin d’atteindre un objectif de réduction de GES de 20% d’ici 2020. Notre gouvernement fera de la lutte contre les émissions de GES une priorité horizontale réunissant tous les ministères et organismes du gouvernement. Alors que le Québec était mobilisé autour d’un objectif de réduction des GES de 20 % d’ici 2020, le PQ a lancé l’objectif de 25 % sans rien pour appuyer ses dires. En agissant de la sorte, il a démobilisé les acteurs et sapé la crédibilité d’une démarche jusque-là jugée sérieuse.

Un gouvernement libéral fera du développement d’une économie verte un véritable projet de société et s’engage en ce sens à maintenir le marché du carbone. Le Québec doit continuer à imposer le rythme en faisant la promotion de normes avant-gardistes en matière de changements climatiques. Le gouvernement libéral a déjà démontré que son leadership positif peut permettre de petites révolutions, comme par exemple dans le cas des normes californiennes pour les voitures. C’est grâce à la mobilisation de la Californie et du Québec que le gouvernement fédéral américain et le gouvernement fédéral canadien ont annoncé en 2010 des normes imposées à l'ensemble de l'industrie automobile sur l'ensemble du continent nord-américain.

Accroître la protection de notre biodiversité.

S’il y a un domaine où le développement durable prend tout son sens, c’est bien dans la conservation de la diversité biologique. Sous un gouvernement libéral, la proportion d’aires protégées est passée de moins de 1% à plus de 8% du territoire. La première Stratégie maritime pour le Québec, proposée par le Parti libéral, prévoit de réserver 10 % du territoire marin à des aires marines protégées d’ici 2015. Nous devancerons ainsi de 5 ans l’engagement international de la Conférence de Nagoya.

Nous allons mettre sur pied le Plan Nord amélioré. La vision économique du PLQ qui mettra aussi en œuvre la première stratégie maritime du Québec, permettra un développement du nord avec une plus faible empreinte écologique. L’investissement de 3 milliards dans les infrastructures que prévoit la Stratégie permettra de développer le nord de manière plus durable.

Le Parti Québécois parle beaucoup d’environnement, mais agit très peu. L’expression développement durable ne doit pas seulement servir à décorer les discours, mais faire partie des priorités quotidiennes du gouvernement. 

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