jeudi 7 février 2013

Pétrole sécuritaire et pensée magique

Armé de bonnes intentions, le gouvernement du Québec a inscrit l'exploitation du pétrole au cœur de sa stratégie économique. Il diversifie maintenant les annonces (1,2) pour expliquer les méthodes choisies pour établir l'acceptabilité du risque relié aux différents projets qui se présentent. Ainsi, il semble nuancé et sage que des puits en zone habitée, à côté d'une rivière à saumon ou au milieu de nulle part soient jugés différemment quant au risque environnemental. Idem si le forage requiers la dangereuse fracturation hydraulique ou qu'il s'agit plutôt d'un forage vertical plus conventionnel. Mais attention, un éléphant est dans la pièce: le pétrole sécuritaire, ça n'existe pas!


Photo: David Blackwell. cc
En effet, si tous les pays et toutes les provinces du monde exploitent toutes leurs réserves, nous aurons d'ici quelques années dépassé de 5 fois le seuil critique des émissions de gaz à effet de serre. Il n'est pas question de risque: au bout de la filière des hydrocarbures, c'est un chaos climatique inéluctable et dévastateur qui nous attend.

Alors, si le Québec, une des régions les plus riches en énergies renouvelables au monde, n'a pas la clairvoyance de laisser son pétrole et son gaz là où il est et de s'appliquer à la réduction de sa consommation de combustibles fossiles, qui donc l'aura?

À l'heure où les effets assurément catastrophiques de l'utilisation des hydrocarbures sur le climat, l'agriculture, les pêches, la biodiversité et la santé des humains sont largement documentés, l'analyse des risques reliés à la méthode d'exploitation est un exercice futile, sinon malhonnête. Sortons de la pensée magique, sortons le Québec des énergies sales.





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