lundi 9 juin 2014

Chronique d’un futur positif - Vivre sa famille en vert à Villeray


Nos enfants connaîtront le monde de l’après-pétrole : société plus locale, écologique et solidaire. Comment penser nos vies de famille aujourd'hui, pour préparer nos enfants à vivre épanouis et heureux dans ce monde futur? Cette question a servi de base à la troisième discussion qui a eu lieu dans le cadre des rencontres de Villeray en mieux! 

En prenant en considération le double constat du pic pétrolier et des changements climatiques, il y a de fortes chances que le monde de demain soit bien différent de celui que nous connaissons actuellement. Combien de temps encore notre planète pourra-t-elle soutenir notre rythme de consommation? 

La pression sociale étant grande, il n’est pas facile d’aller à contre-courant. C’est malgré tout en montrant qu’il est possible de bien vivre en famille sans tomber dans le panneau de la surconsommation qu’on a le plus de chance de «contaminer» son entourage. On parle souvent des 3R (réduction, réemploi, recyclage), mais on peut aussi en ajouter un autre : refuser. C’est sans doute le plus difficile avec des enfants. Le «cadeau» (à comprendre ici au sens matériel du terme) est profondément intégré dans nos moeurs et nos traditions. On en vient même à se sentir mal lorsqu’on n’en donne pas. Pourtant, une fête pourrait être tout aussi réussie (et même plus) sans cadeaux, grâce aux jeux et au temps partagé. Ne pourrions-nous pas demander aux invités qui souhaitent ne pas arriver les mains vides de donner de leur temps (gardiennage, aide pour les devoirs, etc.), d’offrir des moments à partager (sorties, spectacles, activités, etc.) ou encore de participer aux tâches de la fête en cuisinant un plat? Les possibilités sont nombreuses; il suffit d’être créatif et, surtout, de prendre le temps d’expliquer nos choix à notre entourage. À la longue, il s’y fera et y prendra peut-être même goût! 

Dans Villeray, il est évident que certaines nouvelles initiatives seraient plus que bénéfiques pour les familles du quartier, et même pour tous. On peut parler, par exemple, de mettre sur pied une Accorderie, c’est-à-dire une plate-forme d’échange de services et de temps. Notre arrondissement pourrait aussi revoir l’aménagement des rues pour les rendre plus sécuritaires pour les tout-petits, notamment en aménageant des trottoirs larges et plus de bandes cyclables. Il pourrait également créer des espaces publics accueillants et adaptés, qui deviendraient des lieux de rencontres privilégiés. A plus petite échelle, on peut déjà facilement organiser des événements afin de connaître ses voisins et de favoriser les occasions de partager des savoir-faire (repas partagés, cuisines collectives, party de conserves, nettoyage de la ruelle, etc.). Si la chimie opère, on peut même envisager de créer une ruelle verte ou blanche où les enfants pourront apprendre à s’amuser simplement et gratuitement. L’éco-quartier peut même fournir de l’accompagnement pour de tels projets.

Quand on pense au monde de demain, il est possible d’envisager que notre quartier devienne un milieu de vie attrayant, que ce frein à la consommation actuelle nous permette de travailler moins et de passer plus de temps en famille, que l’on se réapproprie l’art et la fierté du «fait-maison». 

On se demande souvent quelle planète on laissera à nos enfants, mais ne devrions pas aussi nous demander quels enfants nous laisseront à notre planète? Ils sont les adultes de demain. En agissant selon nos convictions maintenant, nous les inspirons à faire de même. En leur apprenant à jouer dehors et à être créatifs, nous leur donnons des outils pour l’avenir. Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir des petits gestes, encore moins quand il s’agit de nos enfants.

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